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CaractÉristiques de la population

Défavorisation matérielle et sociale, 2001

Cet Atlas illustre le niveau de défavorisation de la population de Montréal en ayant recours à l’indice de défavorisation développé par Pampalon et Raymond (données de 2001). Cet indice est utilisé pour caractériser les conditions de vie des populations locales regroupées au sein de l’aire de diffusion.

Ces cartes permettent de visualiser la défavorisation selon différentes perspectives ou zones de références qui sont présentées plus bas. Des portraits synthétiques explicitant la démarche et présentant les caractéristiques de défavorisation des différents territoires sociosanitaires sont aussi disponibles.

Sources des données: Ministère de la santé et des services sociaux , 2001 et la Direction santé publique de l'Agence de la santé et des services sociaux de Montréal, 2001.


Méthodologie
Qu’est-ce que la défavorisation ?

De quoi se compose l’indice de défavorisation ?
La construction des profils de défavorisation
Des zones de référence pour estimer les niveaux de défavorisation

Qu’est-ce que la défavorisation ?
Le concept de défavorisation vise à caractériser un état de désavantage relatif d'individus, de familles ou de groupes par rapport à un ensemble auquel ils appartiennent, soit une communauté locale, une région ou une nation (Townsend, 1987).

De quoi se compose l’indice de défavorisation ?
L’indice de défavorisation utilisé ici mesure deux composantes importantes – l’une matérielle, l’autre sociale – de l’environnement dans lequel vit un individu. En effet, les conditions de vie des individus peuvent être marquées tant par la pauvreté économique que par une certaine fragilité du réseau social en raison d’une séparation, d’un divorce, d’un veuvage, de la monoparentalité ou du fait d’être une personne seule. Parfois les deux composantes sont étroitement imbriquées, la fragilité du réseau social entraînant des difficultés économiques, et vice-versa.

Chacune des composantes de cet indice est construite à partir de trois indicateurs socioéconomiques issus du recensement de 2001. C'est ce qui permet d'accorder à chaque aire de diffusion du Québec une valeur de défavorisation matérielle et une valeur de défavorisation sociale (Pampalon et Raymond, 2000).

Dans certains secteurs de Montréal, les aires de diffusion sont divisées entre plusieurs territoires de CSSS. Dans le cadre de cette étude, les aires de diffusion fractionnées ont été attribuées en totalité à un seul territoire de CSSS.

Indicateurs de défavorisation matérielle et sociale
Composante matérielle Composante sociale
Proportion de personnes sans diplôme d’études secondaires Proportion de personnes vivant seules dans leur ménage
Proportion de personnes occupant un emploi Proportion de personnes séparées, divorcées ou veuves
Revenu moyen par personne Proportion de familles monoparentales

La défavorisation dépeint ainsi l’habitat environnant (c’est-à-dire l’aire de diffusion) sous trois angles différents (repris par les trois indicateurs de l’atlas) :

  • la défavorisation matérielle, qui reflète la privation de biens et de commodités de la vie courante;
  • la défavorisation sociale, qui souligne la fragilité du réseau social, de la famille à la communauté;
  • les profils de défavorisation, résultant de la combinaison des deux composantes précédentes.

La construction des profils de défavorisation
L'indice de défavorisation permet de déterminer le niveau de défavorisation d'une aire de diffusion soit sur le plan matériel, soit sur le plan social. Pour cela, toutes les aires de diffusion d'une zone de référence donnée sont d'abord rangées selon leurs valeurs de défavorisation matérielle. Puis elles sont regroupées en cinq classes (appelées quintiles) comprenant chacune 20 % de la population, allant de la plus favorisée (quintile 1) à la plus défavorisée (quintile 5). La même opération est répétée pour la composante sociale.
À chaque aire de diffusion sont ainsi associés un quintile matériel et un quintile social, pour la zone de référence étudiée.

Cependant, il est aussi intéressant et pertinent de caractériser la défavorisation d'une aire de diffusion en considérant simultanément sa défavorisation matérielle et sociale. Il suffit alors de croiser les quintiles des deux composantes, ce qui permet de repérer la population qui est privilégiée sur l’une et l’autre dimensions, celle qui est défavorisée sur une dimension mais pas sur l’autre, et la population défavorisée à la fois sur le plan matériel et social. Il y a 25 combinaisons possibles (voir figure 1).

Figure 1
 
Figure 2

Ainsi, dans l’exemple illustré de la figure 1, on voit que l’aire de diffusion AD1 est classée dans le quintile 2 de la défavorisation matérielle et le quintile 4 de la défavorisation sociale. L’aire de diffusion AD2, quant à elle, est classée dans le quintile 4 de la défavorisation matérielle et le quintile 1 de la défavorisation sociale.

Pour réduire toutefois le nombre de combinaisons possibles et pour qualifier plus simplement les conditions de défavorisation, les aires de diffusion peuvent être regroupées en cinq profils selon leur position sur la grille (voir figure 2) :

  • Conditions matérielles et sociales plus favorables (vert)
  • Conditions moyennes (jaune)
  • Conditions sociales plus défavorables (bleu)
  • Conditions matérielles plus défavorables (orange)
  • Conditions matérielles et sociales plus défavorables (mauve)

Ainsi, dans l’exemple de la figure 2, l’aire de diffusion AD1 serait classée dans le profil correspondant à des conditions plus défavorables matériellement, mais pas socialement (bleu) ; l’aire de diffusion AD2 serait classée dans le profil correspondant aux conditions plus défavorables matériellement, mais pas socialement (orange).

Des zones de référence pour estimer les niveaux de défavorisation
Dans l’atlas, il est nécessaire de choisir d’abord la zone de référence pour afficher les informations se rapportant aux indices de défavorisation matérielle ou sociale et aux profils. C’est par rapport à l’ensemble de cette zone que sont comparées les aires de diffusion analysées.

1- Le territoire du Québec comme référence
La première zone de référence est le Québec : les valeurs de défavorisation matérielle et sociale de chaque aire de diffusion du Québec sont habituellement classées en quintiles, c'est-à-dire en cinq classes comprenant chacune 20 % de la population. C'est ainsi que les niveaux de défavorisation des aires de diffusion peuvent être comparés de façon relative. Par exemple, une aire de diffusion appartenant au quintile 1 est marquée par des conditions plus favorables que les aires de diffusion du Québec appartenant aux quintiles 2, 3, 4 et 5. La zone de référence, c'est-à-dire le territoire auquel les conditions des aires de diffusion sont comparées, est alors le Québec.

2- Des références de plus en plus locales
Cette répartition n'est toutefois pas toujours pertinente lorsque l'on veut établir la position relative d'une aire de diffusion par rapport à un ensemble plus petit auquel elle appartient. Il peut être avantageux pour un CSSS ou un CLSC de mieux connaître comment la population qu’il dessert se distribue en fonction des composantes matérielles et sociales. Les variations de la défavorisation sur un territoire local ne sont pas toujours évidentes lorsque l’échelle de référence est le Québec. Pour arriver à mettre à jour les variations locales de l’indice, il s'agit d'établir une nouvelle zone de référence au sein de laquelle seules les valeurs de défavorisation de cette zone sont prises en compte et réparties en cinq classes (ou quintiles) allant des 20 % de résidents les plus favorisés (quintile 1) aux 20 % les plus défavorisés (quintile 5).

Dans le présent atlas, outre le Québec, il existe trois autres zones de référence :

  • la Communauté Métropolitaine de Montréal (CMM) : cela montre la distribution de la défavorisation à une échelle intermédiaire entre le Québec et Montréal ;
  • la région sociosanitaire de Montréal : cela permet de voir comment se répartit la défavorisation sur l'ensemble de l'île de Montréal, mais la comparaison avec la CMM ou le reste du Québec n’est plus possible ;
  • le CSSS étudié : lorsque le territoire d’analyse est un CSSS, cela permet de comparer la répartition de la défavorisation uniquement à l'intérieur du territoire du CSSS. À ce niveau-ci, il ne sera plus possible de comparer les CSSS entre eux mais on visualise mieux les écarts entre les secteurs du CSSS étudié.

Ces quatre perspectives sur la défavorisation sont donc complémentaires : elles permettent à la fois de positionner un territoire dans son environnement régional et de distinguer plus finement les écarts au niveau local.